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Ce module n’a pas la prétention de faire le tour des techniques de forge
mais de vous apporter quelques éléments indispensables pour vous lancer dans
cette activité.
Nous allons dans un premier temps faire le tour des outils indispensables à
tout forgeron même amateur
L’enclume:
L’enclume est en acier et pèse de quelque dizaine de kilos à plusieurs
centaines. Constituée de 3 parties distinctes la bigornes ronde à gauche la
table au centre la bigorne carrée à droite. Elle est solidement maintenue sur
un billot de bois lui-même ancré sur un sol dur.
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La forge:
Fabriquée en tôle épaisse elle reçoit le charbon gras. La combustion est
activée par une soufflerie l’air traverse un tube venturi (v) qui permet
l’évacuation des gaz lorsque la soufflerie est éteinte. Ce tube est
indispensable l’accumulation de gaz peut engendrer une explosion. Une molette
(c) carrée permet de débloquer le mâchefer. Enfin, un opercule(o) permet son
évacuation.
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 Ses éléments indispensables seront complétés par les marteaux et les
pinces de forgeron Leurs tailles et formes différent en fonction du travail à
accomplir. Pour débuter contentez-vous d’un marteau de 500 grs environs et
tentez de donner libre cour à votre imagination avec une barre d’acier chauffée
au rouge cerise pour ce premier essai contentez-vous d’un diamètre n’excédant
pas 20mm. Vous vous rendrez vite compte que la matière est rebelle et ne réagie
pas tout à fait comme vous l’aviez escompté. Et oui ! C’est un métier ! Allons
pas de découragement, réessayez, observez les quelques forgerons qui ouvrent
leur atelier au public et surtout procurez-vous la bible du forgeron j’ai cité
:la ferronnerie d’art aux éditions Eyrolles. Nos amis anglophones n’auront
quant à eux aucune difficulté à trouver un équivalent en anglais les éditions
dans cette langue sont particulièrement nombreuses. Pour tous n’hésitez pas à
vous plonger dans les livres traitant de coutellerie, vous y trouverez une
foule de renseignements sur les métaux et leur traitement.
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Petit
cours de métallurgie:
Sans rentrer trop dans le détail, mais suffisamment pour appréhender cette science
millénaire nous allons nous intéresser essentiellement à l'acier dont la
métallurgie est sans doute l'une des plus complète. La métallurgie de nos jour
est parfaitement maitrisée, et les gestes que nos ancêtres ont mis des
centaines d'années à trouver et optimiser sont parfaitement expliqués et
compréhensibles en connaissant cette science.
Qu'est ce que l'acier? Tout simplement à la base un alliage de Fer et de
Carbone. Ce qui le différencie de la fonte qui est elle aussi un alliage
Fer-carbone, c'est uniquement la teneur en carbone. En dessous de 2% de carbone
c'est de l'acier et au delà c'est de la fonte.
En métallurgie on parle souvent de phase et de structure. Une
phase est une structure atomiques des atomes de fer. Sans rentrer dans le
détail les atomes s'agencent en réseau dans les métaux dont la maille
élémentaire est une figure qui se reproduit à la l'infinie. Les
aciers non alliés comportent 2 structures critallines. Le cubique centré
(structure CC) et le cubique face centré (structure CFC). Une structure et un
mélange de phases agencé de manière connue. Le perlite est par exemple une
mélange de ferrite et de cémentite qui s'observent sous forme de lamelles
alternées.
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La base de la métallurgie de l'acier
(non allié) de nos jours est la parfaite connaissance du diagramme Fer-Carbone.
Il n'est valable que pour les acier non alliés c'est à dire pour des aciers qui
n'ont pas d'éléments d'additions capables d'en modifier les caractéristiques.
En effet l'introduction d'éléments d'addition modifie profondément ce
diagramme. Il n'intègre pas non plus les lois de refroidissement puisque il est
établi sur la base d'un refroidissement lent permettant aux atomes de s'agencer
dans la matière de manière stable. Ceci étant posé il contribue à expliquer un
certain nombre de pratiques des forgerons.
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 Les différents domaines représentés par
les lignes bleus indiquent des changements de phases. Un domaine considére peut
contenir soit une phase soit une combinaison de phases. Il n'est ici pas
question de structure. Les lettres ou formules étant les phases elles-mêmes
telles que décritent ci-dessous.
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L : Métal en phase liquide.
·
a : Fer a (alpha) ou ferrite structure CC.
·
g : Fer g (gamma) ou austénite structure CFC.
·
d : Fer d (delta) structure CC.
·
Fe3C : Carbure de Fer ou composé défini
appel cémentite.
L'utilisation du diagramme Fer-Carbone
se limite donc pour les aciers à la zone jaune. Sachant que aucun traitement
thermique n'autorise la partie mise en solution (mise en phase liquide) le
diagramme se limite donc au diagramme ci-dessous, sur lequel j'ai représenté
les structures schématiques pour trois types d'alliages Fer-Carbone à savoir un
alliage inférieur à 0,8% de carbone (hypoeutectoïde), un alliage à 0,8 % de
carbone (eutectoïde) et un alliage supérieur à 0,8% de carbone
(hypereutectoïde).
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Pour introduire les traitements
thermiques, il faut savoir que tout traitement de mise en forme laminage,
forgeage, estampage, extrusion, dont la modification en épaisseur ou en forme
est importante est obligatoirement réalisée à chaud, sinon il y a risque (pour
ne pas dire plus) de rupture du métal par écrouissage. En clair si vous
souhaitez passer en laminage d'une tole de 10 mm à 0,1 mm si vous ne chauffez
pas la matière vous n'y parviendrez pas.
Afin de pouvoir réaliser ce genre d'opération, il faut obligatoirement placer
votre acier dans la zone austénitique. Une simple raison à cela, la structure CFC de la
phase austénitique est la plus adaptée à la déformation. J'en
veux pour exemple d'autres métaux (pas des alliages) dont la structure est CFC
et qui sont très malléables de nature, comme le cuivre, le nickel ou l'or. Tout
le monde sait (ou presque) que l'or est le plus malléable des matériaux. En
effet on peut obtenir sans aucune difficulté des feuilles d'or de quelques
centièmes de mm par simple laminage à froid. Donc avec le diagramme Fer-Carbone
et la teneur en carbone de l'acier que vous souhaitez travailler vous savez
déterminer la température minimale de chauffage pour passer votre acier en
phase austénitique. Il est bien évident aussi que la masse de votre pièce et la
modification de forme ou d'épaisseur que vous souhaitez apporter vont
influencer la valeur de chauffage pour garantir que toute votre opération de
mise en forme se réalisera toujours en phase austénitique. Mais comme rien
n'est simple en métallurgie il faut aussi ne pas monter trop haut en
témpérature pour ne pas détruire la matière. Bref tout est question de compromis et
les forgerons l'ont compris depuis longtemps.
Passons avant d'aller plus loin à la notion d'écrouissage. Tout le monde a déjà
été confronté au problème suivant. Vous êtes au font de votre jardin (de
longueur infinie) en train de faire une réparation sur votre clôture. Pas grand
chose, un simple fil de fer à rajouter pour maintenir la cloture sur son
poteau. Comme vous aviez tout préparé à l'avance vous avez évidemment emporté
le bleu de travail, le fil de fer et la bière pour vous désaltérer, mais manque
de bol la pince coupante est restée sur le frigo (en prenant la bière). Deux
solutions : aller la chercher ou se débrouiller. La seconde solution étant
privilégiée (jardin de longueur infinie) vous entreprenez de tordre votre fil
dans un sens puis dans l'autre jusqu'à ce qu'il casse. Vous remarquez au
passage que ca échauffe le fil. Vous venez ni plus ni moins de mettre en
évidence que l'acier ne supporte pas de déformation à froid trop importante
sans casser. Vous venez aussi de créer un écrouissage dans votre acier sans le
savoir, écrouissage qui a provoqué sa rupture.
Que se passe t'il réellement dans la matière lors d'une déformation? Et bien il
faut savoir avant tout que l'acier et les métaux en général sont constitués de
grains (sorte de sphère à facettes) collés les uns aux autres. Lors d'une déformation,
ces grains sont écrasés. Si la déformation est trop importante, l'écrasement ne
peut se poursuivre et il y a rupture (pour simplifier). Ce phénomène se produit
à la fois à froid sur les constituants d'équilibre qui sont la ferrite et la
cémentite et à chaud sur l'austénite. Seule différence la limite de déformation
acceptable pour l'austénite est bien supérieure, d'ou le travail à chaud pour
les déformations importantes. On imagine aussi aisément que si limite il y a on
ne peut donc théoriquement pas déformer à l'infini de l'acier. En fait la
nature est bien faite puisqu'elle va nous permettre par un traitement thermique
de remédier à cet état de fait. En effet Si l'on opère sur un acier une
importante déformation à chaud ou à froid, il suffit ensuite de le remettre en
solution (phase austénitique) pour régénérer la structure (après l'avoir
refroidi si la déformation s'est effectuée à chaud). De nouveau grains se
forment à l'endroit des ancien (écrasés) qui vont à nouveau supporter une
importante déformation. Ce phénomène est utilisé fréquemment en traitement
thermique et se nomme : un recuit de recristallisation. C'est ce traitement qui
est utilisé en particulier sur les tubes de cuivre dit "Recuit" et
qui leur confère cette souplesse.
Le schéma ci-dessous montre le principe de ce traitement avec à gauche, la
structure de départ écrouie, au centre le début de la recristallisation et à
droite la nouvelle structure après traitement.
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| Evolution de la structure lors
du recuit de recristallisation. |
 Remarque : Se phénomène ne se produit
que si un certain taux d'écrouissage est atteind ; autrement dit si la
déformation avant d'entreprendre ce traitement n'est pas suffisante, la
recristallisation ne se produira pas. Le forgeron croyant avoir régénéré sa
structure risque de donner le coup de marteau de trop qui détruira son oeuvre.
Le travail du forgeron est donc un savant mélange de tout ces phénomènes. Il
doit parfaitement maitriser la température de son acier avant d'entreprendre de
le travailler. A défaut d'instruments de mesure le fameux
"rouge-cerise" sera sa couleur étalon. Il doit aussi veiller à
stopper son travail sur l'acier lorsqu'il à trop chuté en température et le
remettre dans sa forge pour lui redonner cette belle couleur
"rouge-cerise". Il doit enfin après quelques opération de chauffage,
frappe réchauffage frappe veiller à refroidir son acier par trempe puis
régénérer (recristalliser) son acier en le réchauffant à nouveau. Toute la
difficulté du métier de forgeron est donc de maitriser ces techniques et de
savoir quand il faut faire telle ou telle opération sur la matière pour ne pas
voir le travail de plusieurs heures se réduire à une fissuration ou une
destruction de son oeuvre. |
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